Retraite des marins : les particularités d’un régime unique en France / iStock.com - sutulastock
Un régime historique géré par l’ENIM
Les marins professionnels de la marine marchande, de la pêche et de la plaisance professionnelle relèvent de l’Établissement national des invalides de la marine (ENIM). Ce régime spécial, dont l’origine remonte à la fin du XVIIe siècle, assure leur protection sociale, notamment en matière de retraite, de maladie, d’invalidité et d’accidents du travail. L’affiliation dépend de l’activité professionnelle exercée à bord d’un navire français. En effet, l’ENIM distingue plusieurs catégories de navigation selon la fonction occupée, le type de navire et l’activité maritime. Cette classification joue un rôle central dans le calcul des droits à la retraite.
Le salaire forfaitaire, une particularité majeure
La principale spécificité de la retraite ENIM tient au salaire forfaitaire. Contrairement au fonctionnement habituel des régimes de retraite, les cotisations et la pension ne reposent pas directement sur la rémunération réellement perçue. Chaque catégorie de navigation correspond à un salaire forfaitaire fixé par voie réglementaire et régulièrement revalorisé. Depuis le 1er avril 2026, les montants vont de 14 820,80 euros annuels pour la catégorie 1 (matelot débutant) à 76 867,05 euros pour la catégorie 20 (officier supérieur). Ce forfait sert à la fois d’assiette aux cotisations et de base au calcul de la pension. Un changement de catégorie en fin de carrière peut donc avoir une incidence importante sur le montant futur de la retraite.
Une pension calculée selon les années de navigation
Le calcul de la pension de base ENIM repose sur le salaire forfaitaire de référence et la durée des services accomplis en mer. Chaque annuité de navigation ouvre droit à 2 % du salaire forfaitaire, dans la limite de 75 % pour 37,5 annuités. Le salaire forfaitaire retenu correspond en principe à celui de la catégorie dans laquelle le marin était classé durant les 36 derniers mois précédant la liquidation. Une règle particulière permet toutefois de retenir une catégorie supérieure lorsqu’elle a été occupée suffisamment longtemps au cours de la carrière. Ainsi, deux marins ayant eu des rémunérations réelles différentes peuvent obtenir des pensions proches.
Un départ à la retraite qui peut intervenir tôt
La retraite des marins se distingue également par des possibilités de départ anticipé liées à la durée des services en mer. Selon les situations, une pension d’ancienneté peut être accessible dès 50 ans avec 25 annuités de navigation, ou à 52,5 ans avec 37,5 annuités. Les bonifications liées à certaines navigations, notamment dans des zones dangereuses ou en temps de guerre, peuvent par ailleurs augmenter la durée de services prise en compte. Les marins qui ne remplissent pas les conditions permettant un départ anticipé peuvent liquider leurs droits selon les règles applicables à l’âge légal de droit commun. La particularité du régime ENIM se retrouve aussi lorsque le marin quitte la navigation pour travailler à terre. Ces parcours mixtes nécessitent de coordonner les droits acquis auprès de l’ENIM avec ceux relevant d’un autre régime de retraite.
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